Pourtant,
profitant d’un moment de somnolence de Perrine, sa suivante, Jeanne se
glissa hors de sa chambre et réussit à quitter le palais ducal. Au
dehors, la vie renaissait. Plantes, bêtes et hommes au sortir de
l’hivers retrouvaient force et vigueur. En voyant passer Jeanne,
richement vêtu et sans escorte, les paysans la regardèrent avec
curiosité, les plus hardis lui adressant même la parole et certains la
mirent en garde contre le loup errant en forêt de Malzéville.
Jeanne
n’eut que faire des avertissements et s’enfonça dans les bois, toute
envoûtée qu’elle était par le parfum des premières fleurs.
Puis,
un bruit. Un craquement derrière elle. Et un second. Un loup se dit
elle, les paysans m’avaient prévenu. Elle se retourna craintivement et
ne vit pas un loup, mais un homme. Un homme sale, hirsute, puant, un
rictus plein de haine sur le visage et surtout une épée à la main.
«
Me reconnais-tu, Jeanne de Vaudémont ? Je suis Armand de Dieulouard.
Ton oncle m’a banni, mais je tiens enfin ma vengeance. Si le duc veut
revoir sa nièce bien-aimée il lui faudra payer.»
Mais,
en un instant, le visage d’Armand se figea puis se couvrit d’effroi. Il
tenta se protéger le visage lorsqu’une énorme masse lui bondit dessus,
lui faisant perdre l’équilibre. C’était un loup qui venait de mettre à
terre le sieur de Dieulouard et le combat fut vite expédié. Une fois
Armand immobile, le loup se retourna vers Jeanne qui perdit
connaissance.
Le souffle de la bête
réveilla la belle. Le loup, couché à côté de Jeanne, la réchauffait
alors que le froid vespéral gagnait le bois. Le regard de l’animal était
sans cruauté et Jeanne se laissa aller à caresser le loup.
Le
duc René était parti avec ses hommes à la recherche de Jeanne quelques
heures plus tôt. Entendant les voix, le loup s’éclipsa juste avant que
la petite troupe d’arrive. Les hommes trouvèrent Jeanne, et à peu de
distance, le banni Armand de Dieulouard, gisant sans vie et défiguré.
Jeanne
raconta l’histoire à son oncle. Celui-ci, en souvenir de l’aventure,
interdit la chasse au loup autour de Nancy et fit construire une
chapelle dans les bois de Malzéville, qui prit le nom de « Chapelle de
la gueule du loup ». Jeanne quand à elle ne revit jamais son sauveur.
Source :
http://legende-et-realite.blogspot.com
Source :
http://legende-et-realite.blogspot.com





